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Électricité, les prix baissent enfin mais les taxes remontent

Le prix moyen de l’électricité payé par les ménages français a reculé de 9 % en 2025, tandis que celui des entreprises a baissé de 9,6 % hors TVA. Le reflux des coûts d’approvisionnement explique l’amélioration, mais la hausse des taxes a absorbé une partie du gain.

Publié le 23 juillet 20265 min de lectureMedia90
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Le prix moyen de l’électricité payé par les ménages français a baissé de 9 % en 2025, pour atteindre 254,6 euros par mégawattheure toutes taxes comprises. Pour les entreprises, le prix moyen hors TVA a reculé de 9,6 %, à 148,8 euros par mégawattheure. Ces données publiées le 23 juillet par le service statistique du ministère de la Transition écologique confirment un reflux après le choc énergétique des années précédentes.

L’amélioration provient principalement de la baisse des coûts d’approvisionnement. Pour les ménages, la composante avant taxes a diminué de 16,8 %. Pour les entreprises, les coûts de fourniture ont chuté de 20,5 %. Mais le mouvement a été partiellement compensé par le retour de la fiscalité après la fin progressive du bouclier tarifaire. Les taxes acquittées par les ménages ont augmenté de 16,5 % sur l’année.

Une baisse visible mais inférieure à celle des marchés

Le prix annuel moyen ne doit pas être confondu avec le tarif réglementé appliqué à une date précise. Au 1er février 2025, la Commission de régulation de l’énergie avait proposé une baisse moyenne de 15 % du tarif réglementé de vente, de 281 à 239 euros par mégawattheure. Pour un foyer consommant 4,4 mégawattheures par an, l’économie théorique atteignait environ 190 euros.

La baisse annuelle de 9 % est plus limitée, car elle agrège tous les contrats, toutes les périodes de l’année et plusieurs composantes de facture. Elle inclut aussi le relèvement de l’accise sur l’électricité et l’augmentation des tarifs d’utilisation des réseaux. La fin du bouclier tarifaire a réduit la dépense publique, mais elle a rendu aux consommateurs une partie seulement du recul observé sur les marchés.

Cette normalisation peut se défendre. Subventionner durablement toutes les consommations, y compris celles des ménages les plus aisés, coûte cher et affaiblit le signal donné par les prix. Elle doit toutefois rester lisible. Une baisse de la production et de l’approvisionnement ne doit pas être systématiquement absorbée par de nouveaux prélèvements sans débat clair sur leur destination.

La France retrouve un avantage européen

En 2025, le prix moyen payé par les ménages français était 13 % inférieur à la moyenne de l’Union européenne. Pour les entreprises, l’écart atteignait 16 %. Ce résultat replace la France parmi les pays disposant d’un avantage énergétique relatif, après la période de crise durant laquelle les prix européens s’étaient envolés.

La comparaison doit néanmoins être interprétée avec prudence. Les niveaux de taxes, les aides publiques, les profils de consommation et les contrats diffèrent d’un pays à l’autre. Eurostat observait encore au premier semestre 2025 que les prix européens restaient nettement supérieurs à ceux d’avant la crise de 2022. La part des taxes et prélèvements dans la facture moyenne européenne était remontée de 24,7 % à 27,6 %.

La France bénéficie donc d’un avantage réel, mais elle ne retrouve pas automatiquement les conditions bon marché des années 2010. Les investissements dans les réseaux, le renouvellement du parc nucléaire, les nouvelles capacités et la sécurité du système auront un coût durable.

Une production abondante portée par le nucléaire

Le contexte favorable s’explique en grande partie par le redressement de la production nationale. La France a produit 547,5 térawattheures d’électricité en 2025, dont plus de 95 % à partir de sources bas carbone. La production nucléaire a atteint 373 térawattheures, en hausse de 11,3 térawattheures sur un an.

Cette abondance a permis d’exporter un record de 92,3 térawattheures, soit environ 17 % de la production française. RTE évalue la valeur de ces exportations à 5,4 milliards d’euros. Contrairement à l’idée selon laquelle la France céderait systématiquement son électricité à perte, le gestionnaire du réseau souligne que les exportations ont été vendues à un prix moyen de 59 euros par mégawattheure au prix français, alors que leur valeur moyenne dans les pays de destination atteignait 101,5 euros.

Le prix moyen sur le marché français au comptant s’est établi à 61,1 euros par mégawattheure en 2025. Il reste supérieur à la moyenne de 41,6 euros observée entre 2002 et 2020, mais très inférieur aux sommets de la crise énergétique.

Un avantage industriel encore sous-utilisé

La baisse de 9,6 % pour les entreprises améliore la compétitivité des sites électro-intensifs, notamment dans la métallurgie, la chimie, le papier, les centres de données ou certaines productions automatisées. Eurostat a d’ailleurs classé la France parmi les pays ayant enregistré les plus fortes baisses annuelles de prix pour les clients non résidentiels au second semestre 2025.

Mais un prix inférieur à la moyenne européenne ne suffit pas à provoquer une réindustrialisation. Les décisions d’investissement dépendent également de la fiscalité, des délais administratifs, du coût du travail, des infrastructures, des compétences disponibles et de la visibilité sur dix ou vingt ans. Une usine ne se construit pas sur une baisse annuelle dont la pérennité reste incertaine.

La consommation électrique corrigée des effets météorologiques n’a progressé que de 0,4 % en 2025 et demeure environ 6 % sous son niveau d’avant-crise. Cette faiblesse montre que la production abondante ne correspond pas encore à une électrification rapide de l’industrie, des transports et du chauffage.

Sortir des aides sans perdre l’avantage français

La stratégie la plus durable consiste à produire suffisamment, à maîtriser les coûts du réseau et à maintenir une fiscalité prévisible. Les boucliers généralisés peuvent protéger temporairement contre un choc exceptionnel, mais ils ne remplacent ni l’investissement productif ni la souveraineté énergétique.

Le redressement du nucléaire et les exportations records montrent que la France possède encore un atout stratégique rare en Europe. Cet avantage ne doit être ni exagéré ni gaspillé. Les factures restent élevées par rapport à l’avant-crise, les réseaux devront être modernisés et le pays demeure dépendant des importations de pétrole et de gaz pour une grande partie de son économie.

La baisse de 2025 constitue donc une amélioration réelle, pas un retour à l’électricité bon marché. Pour les ménages, la question sera de savoir si le recul des coûts continue à apparaître sur les factures. Pour les entreprises, le test sera plus concret encore, transformer une électricité relativement compétitive en investissements, en production française et en emplois durables.

Sources

  • Service des données et études statistiques — Prix de l’électricité en France et dans l’Union européenne en 2025 — 23 juillet 2026 — statistiques.developpement-durable.gouv.fr
  • RTE — Bilan électrique 2025 — 25 février 2026 — rte-france.com
  • Commission de régulation de l’énergie — Proposition de baisse moyenne de 15 % des tarifs réglementés de vente — 16 janvier 2025 — cre.fr
  • Eurostat — Prix de l’électricité pour les ménages au premier semestre 2025 — 29 octobre 2025 — ec.europa.eu
  • Eurostat — Prix de l’électricité pour les clients non résidentiels au second semestre 2025 — 8 mai 2026 — ec.europa.eu

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